LES ARMES
Au sein de notre club, l’étude des armes traditionnelles (Sabre et Epée) s’inscrit dans la stricte continuité du Taïchi Chuan style Yang transmis par la famille Tung, exception faite de l’Eventail. L’enchaînement d’éventail que nous pratiquons est associé à l’école de la famille Tung (lignée de Taïchi Chuan style Yang). Il se nomme le Xin Shan Gong. Cette forme fluide et lente a été créée par Anya Méot (fondatrice de l’association Toum) en hommage direct aux maîtres de la famille Tung et à leur enseignement. C’est une pratique issue de l’Association Toum.
Prérequis pédagogique : L’apprentissage des armes n’est abordé qu’une fois la Forme lente à mains nues (108 mouvements) pleinement maîtrisée. L’arme est le prolongement direct de la structure corporelle : sans une connaissance approfondie de l’ancrage, de la dissociation haut/bas, de l’alignement de la colonne et du centrage (Dantian), le maniement de l’arme reste superficiel. La maîtrise de la Forme à mains nues garantit ainsi que l’élève ne cherche pas à manipuler l’arme avec la force musculaire des bras, mais qu’il la dirige par l’intention (Yi) et le mouvement global du corps conduit par la taille (Yao).
Notons que dans l’enseignement du Taïchi Chuan de l’École Tung, l’arme n’est pas considérée comme un outil d’agression, mais comme une extension de la conscience, du corps et du Qi (énergie vitale). Elle permet d’affiner le centrage, la coordination, la fluidité et le relâchement (Song).



- L’ÉVENTAIL (Shan – pour notre école : Xin Shan Gong –)
Structure, alternance Yin/Yang et émission de force (Fajin)
L’Éventail dissimule sous une gestuelle fluide des applications martiales d’une grande précision (piques, tranches, blocages et clés sur points d’acupuncture).
- Aspects techniques : La pratique sollicite un travail fin sur la mobilité des poignets, le relâchement des épaules (Song) et l’ouverture des articulations. L’ouverture et la fermeture rapides de l’éventail demandent une libération d’énergie explosive (Fajin) parfaitement synchronisée avec la respiration et l’ancrage au sol.
- Spécificité : Il développe la capacité à passer instantanément d’un état de décontraction totale (Yin) à une frappe nette et structurée (Yang).
- LE SABRE (Dao)
Enroulements, spirales (Chan Si) et puissance générée par la taille
Arme courbe à un seul tranchant, le Sabre incarne l’énergie vive et vigoureuse. Ses trajectoires sont circulaires, continues et enveloppantes.
- Aspects techniques : Le travail du Sabre repose sur des coupes, des tranchés et des parades dynamiques. L’enjeu technique réside dans l’utilisation constante des forces en spirale (Chan Si Jin) générées par le bassin et la taille (Yao), permettant de transmettre l’énergie jusqu’à la pointe de la lame sans contraction musculaire.
- Spécificité : La forme exige des déplacements fluides, renforçant l’enracinement des postures (Ma Bu, Gong Bu) et la coordination globale sous une dynamique plus vive que celle de la forme à mains nues.
- L’ÉPÉE (Jian)
Précision, fluidité et prolongation du Yi (l’Intention)
L’Épée est une arme droite à double tranchant nécessitant une finesse d’exécution extrême. Contrairement au sabre, l’épée ne cherche pas à impacter par la force, mais à dévier, glisser, piqueter ou couper les lignes de force adverses.
- Aspects techniques : La tenue de l’épée (garde, tenue à une ou deux mains selon les phases, « doigts en épée » de la main libre) exige un relâchement absolu pour ressentir la continuité de la lame. La pointe de l’épée est guidée par le regard et l’intention (Yi), nécessitant une concentration ininterrompue.
- Spécificité : La forme d’Épée du style Yang Tung privilégie la précision des angles de coupe et de pique, la légèreté des appuis et la neutralisation subtile du centre de gravité adverse.
